Incendie de l’usine Lubrizol à Rouen : de la transparence dans l’opacité !

Apostille du Docteur Patrick BARRIOT, expert médical de l'Institut Européen de Formation en Santé.

Formations santé Incendie de l’usine Lubrizol à Rouen : de la transparence dans l’opacité !

Par le Docteur Patrick BARRIOT

02 Octobre 2019

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Depuis l’explosion de l’usine Lubrizol à Rouen, les spécialistes et experts de la « clarté dans la confusion » ont envahi les écrans et les ondes.

Comme à l’accoutumée, ils ont répondu à une demande d’informations précises par des incantations et un psittacisme sur la transparence.

1. Rappelons qu’une installation Seveso seuil haut (Seveso AS) doit mettre en place un programme de prévention des accidents majeurs ainsi que des plans d’urgence : Plan d’Opération Interne (POI) et Plan Particulier d’Intervention (PPI). Cela signifie que l’industriel et ses ingénieurs chimistes avaient l’obligation, dès l’arrivée des sapeurs-pompiers, de fournir la liste complète des produits chimiques stockés ainsi que la Fiche de Sécurité (FDS) de chacun d’entre eux.

Cette FDS comporte les informations relatives à la santé, à la sécurité et à l’environnement. Elle comporte également les mesures spécifiques de lutte contre l’incendie. Mais il est important de souligner que sous l’effet de l’explosion et des hautes températures les produits stockés peuvent se décomposer et donner naissance à d’autres molécules toxiques. Le feu et l’explosion peuvent également mettre en contact différents produits réactifs et déclencher des réactions chimiques en chaîne avec dégagement de nouvelles substances. Lorsque plus de 5.000 tonnes de produits chimiques sont en feu, des centaines de molécules sont ainsi dispersées dans l’atmosphère sous forme gazeuse ou sous forme particulaire, les particules fines mises en avant par les « experts » ne constituant qu’une infime partie du problème.

2. La seule information rassurante concernait l’absence de signes précoces d’intoxication aiguë grave chez les personnes exposées aux vapeurs et aux particules en suspension. Il existe en effets deux grand types de substances toxiques (une odeur nauséabonde, comme celle du mercaptan, n’est pas toujours synonyme de toxicité) pouvant être dégagées dans ce type d’incendie :

* Les agents à toxicité locorégionale prédominante qui exercent surtout des effets de type caustique sur les zones exposées, notamment irritation oculaire et irritation des voies aériennes supérieures et de l’arbre trachéobronchique. Dans les formes les plus graves peuvent se développer un bronchospasme voire une atteinte de la membrane alvéolo-capillaire avec OAP lésionnel.

* Les agents à toxicité systémique prédominante pénètrent dans l’organisme par voie respiratoire puis sont distribués dans l’organisme par la circulation sanguine. Ils exercent leurs effets toxiques très rapidement (quelques minutes) en affectant le transport ou l’utilisation cellulaire de l’oxygène. L’hypoxémie et l’hypoxie cellulaire sont responsables de troubles de conscience, de troubles ventilatoires et de troubles hémodynamiques graves.

3. Il paraît beaucoup plus difficile d’être rassurant sur d’éventuels effets sanitaires (cancérigènes, tératogènes, perturbateurs endocriniens) liés à une exposition prolongée à des substances toxiques ayant contaminé l’environnement (sols, cultures, denrées alimentaires, eau …). La transparence exige de connaître avec précision quels types de prélèvements ont été effectués, quels sont les agents toxiques recherchés et par quelles méthodes, quels laboratoires sont en charge des analyses et qui coordonne ces recherches….

4. A la phase aiguë (toutes premières heures) de l’exposition aux fumées, les mesures d’urgence concernent la protection des voies respiratoires à la fois contre les gaz et contre les particules toxiques. Pour les intervenants (sapeurs-pompiers), seuls les Appareils Respiratoires Isolants (ARI) assurent une protection efficace contre les gaz et les particules. Pour la population seul un confinement efficace assure cette double protection. Les masques type masques chirurgicaux ne filtrent ni les gaz ni les petites particules. Les masques type FFP3 filtrent les particules fines mais d’une part ils ne filtrent pas les gaz, d’autre part ils ne sont généralement pas disponibles à ce stade.

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