Le paludisme

Vue par notre expert médical de l’Institut Européen de Formation en santé, le Docteur Patrick Barriot.

 Formations santé Le paludisme

©: wikipédia 

Par Patrick BARRIOT

26 Avril 2019

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Le paludisme est une maladie parasitaire (parasites du genre Plasmodium) transmise par des moustiques femelles du genre anophèle piquant surtout à la tombée de la nuit. Il existe en Afrique quatre principaux types de Plasmodium dont un seul est mortel (Plasmodium falciparum). Les sujets non immuns (expatriés, voyageurs, enfants de moins de 5 ans, femmes enceintes) sont à risque de formes graves de paludisme.

 

L’accès palustre grave à Plasmodium falciparum a une incubation toujours supérieure à 7 jours (moyenne de 10 jours) et presque toujours inférieure à 2 mois. Cependant 3% des paludismes à Plasmodium falciparum sont encore observés au-delà des habituels 2 mois suivant le retour de voyage. L’accès de paludisme est une urgence thérapeutique pouvant imposer un traitement avant confirmation du diagnostic.

Il peut associer une fièvre élevée (40°C), un syndrome pseudo-grippal (frissons, maux de tête, douleurs musculaires, fatigue, toux…) et des troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhées…). 50% des cas de paludisme se présentent avec des symptômes digestifs qui sont souvent responsables d’un diagnostic tardif. Toute fièvre chez une personne qui vit ou qui vient de séjourner dans un pays endémique est un paludisme jusqu’à preuve du contraire et nécessite une consultation en urgence. L’évolution d’un paludisme chez un sujet non immun peut être imprévisible dans les 24 premières heures, même avec un traitement adapté. En pratique courante le diagnostic biologique fait appel à deux types de techniques : l’examen du sang par microscopie (recherche d’hématozoaires sur frottis sanguin et goutte épaisse) et les tests de diagnostic rapide (détection d’antigènes ou d’enzymes parasitaires spécifiques).

La protection contre les piqûres de moustiques dès la tombée de la nuit repose, entre autres, sur le port de vêtements longs et amples, l’utilisation de répulsifs chimiques et de moustiquaires imprégnées d’insecticides. La chimioprophylaxie vise essentiellement à prévenir les risques d’infection à Plasmodium falciparum. Il existe de nombreux schémas prophylactiques en fonction des individus, des zones géographiques, des conditions et de la durée du voyage. La chimioprophylaxie doit être adaptée notamment aux groupes géographiques de chimiorésistance à la chloroquine : groupes 1, 2 et 3 (pays avec prévalence élevée de chloroquinorésistance). Avant toute mise en route du traitement prophylactique, il convient de vérifier d’éventuelles interactions médicamenteuses avec les traitements en cours (notamment avec les anticoagulants AVK). Rappelons qu’aucun moyen préventif n’assure à lui seul une protection totale et n’est efficace à 100%.

 

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